La sagesse de Katonah à la fin de l'été

vue vers le haut des arbres et du ciel

Terre · Rate + Estomac · Yi · Centre · Nourriture · Assimilation · Dévotion


LES CORRESPONDANCES SAISONNIÈRES DE LA FIN DE L'ÉTÉ

Élément : Terre

Saison : Fin de l'été

Organes : Rate + Estomac

Esprit : Oui

Direction : Centre

Couleur : Or

Animal : Phénix

Voix : Chant

Émotion déséquilibrée : inquiétude / empathie excessive

Émotion équilibrée : confiance / contentement

Thème physique : Digestion et nutrition

Thème énergétique : Recevoir, assimiler et transformer

Thème spirituel : Intention, dévotion et constance




Il arrive un moment, à la fin de l'été, où tout semble saturé.

Les jardins sont lourds. Les branches se courbent vers le sol. Ce qui avait commencé comme une graine au printemps a poussé, fleuri et donné des fruits.

La nature ne se demande plus : Qu'est-ce qui pourrait arriver ?

Elle demande : Qu'est-ce que tu vas faire de ce qui a poussé ?

La fin de l'été est la saison de la Terre. C'est la pause entre l'exubérance de l'été et les prémices de l'automne. C'est une saison de maturation, de réception, de digestion et d'intégration.

En médecine traditionnelle chinoise, la fin de l'été est associée à la Rate et à l'Estomac, organes liés non seulement à la digestion des aliments, mais aussi à notre capacité à recevoir la vie, à transformer l'expérience et à tirer profit de ce qui nous a été donné.

C'est la saison où l'on transforme l'expérience en sagesse, le rêve en réalité, l'inspiration en pratique et l'intention en un mode de vie.

L'ARC DES SAISONS

Au printemps , nous avons travaillé sur le thème du foie et de la vésicule biliaire et sur l'invitation à oser rêver.

Le bois s'étend vers l'extérieur. Il imagine, il entrevoit des possibilités. Il se demande : Où est-ce que je pourrais aller ?

En été , nous sommes entrés dans le royaume du Cœur et de l'Intestin Grêle : connaître sa vérité.

Le feu illumine. Le Cœur demande : Qu'est-ce qui est vrai pour moi ? Qu'est-ce qui m'appartient ? Qu'est-ce qui n'est pas à moi ?

Et voici maintenant la Terre.

La fin de l'été pose la question : Peut-on vivre ce qu'on sait ?

Car la simple intuition ne suffit pas à transformer une vie ; un rêve doit se concrétiser en action, une vérité dans le choix. Une vision doit s'inscrire dans l'agenda, la cuisine, les relations, les habitudes et tous ces gestes, en apparence insignifiants, qui constituent la véritable essence d'une vie.

C'est l'œuvre de la Terre.

TERRE

La Terre est notre fondement. Elle nous soutient pendant que tout le reste change.

Dans le système des Cinq Éléments, la fin de l'été est particulière parce que sa direction n'est ni l'est, ni le sud, ni l'ouest, ni le nord. Sa direction est au centre.

La Terre nous ramène à nous-mêmes. Elle nous offre stabilité, nourriture et constance. La Rate et l'Estomac sont associés à ce que nous ingérons et à ce que nous sommes capables de transformer.

La bouffe, assurément. Mais aussi les conversations, les relations, l'actualité, les idées, la beauté, les conflits, l'enseignement, l'expérience.

La question qui se pose à la Terre n'est donc pas simplement : Qu'est-ce que vous mangez ?

La question est : qu'est-ce que tu consommes ?

Et, peut-être plus important encore : qu'est-ce que vous pouvez assimiler ?

LA RATE + L'ESTOMAC

L'estomac reçoit.

La rate se transforme.

Quelle belle façon de comprendre ces organes sur le plan énergétique !

L'estomac dit : Avancez.

La Rate se demande : Qu'est-ce que je peux en tirer ?

On fait ça constamment. Nous intégrons un enseignement, une conversation, une expérience, une déception, un compliment, un bel après-midi, une dispute, un livre, une information… et ensuite, quelque chose en nous doit l’assimiler.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qui a sa place ? Qu'est-ce qui peut nourrir ? Qu'est-ce qui doit circuler ?

Le travail de digestion ne se limite donc pas à l'abdomen.

On digère nos vies.

La fin de l'été nous invite à être plus sélectifs quant à ce qu'on se demande constamment de métaboliser.

NOURRITURE

Il existe un autre bel enseignement lié à l'élément Terre : la nourriture a besoin d'être reçue.

Nous sommes nombreux à avoir une grande expérience du don. Nous prenons soin des autres, nous organisons, nous anticipons, nous soutenons, nous préparons, nous nourrissons, nous veillons à ce que chacun ait ce dont il a besoin.

La Terre porte en elle l'archétype de la mère, pas nécessairement la mère au sens littéral, mais le principe en nous capable de se manifester de manière constante et tangible dans la vie.

Cependant, un déséquilibre terrestre peut apparaître lorsque la bienveillance ne circule que dans un seul sens : donner sans recevoir, soutenir sans être soutenu, nourrir tout le monde tout en restant affamé.

La fin de l'été soulève une question profonde : puis-je recevoir ce qui cherche à me nourrir ?

Un repas, un compliment, du repos, de l'aide, de la beauté, l'attention des autres, une matinée paisible.

Terre équilibrée a la capacité de faire les deux.

Je peux nourrir, et je peux être nourri.

YI, L'ESPRIT D'INTENTION

L'esprit associé à la Rate et à l'Estomac s'appelle Yi. Yi est parfois traduit par intellect, intention ou volonté humaine.

Il occupe une place fascinante dans le système des Cinq Esprits car il est situé au centre, faisant le lien entre les impulsions plus célestes du Cœur et du Foie et la sagesse instinctive du corps.

Yi est pratique, constant, dévoué.

Elle ne s'intéresse pas particulièrement aux feux d'artifice.

Le Yi, c'est la part de nous autres qui se réveille le lendemain matin et qui se rappelle ce qui comptait la veille. C'est la partie qui revient sans cesse.

Le printemps nous a donné la vision, l'été a révélé la vérité.

La fin de l'été vous demande : À quoi allez-vous vous consacrer ?

DE L'OBJECTIF À L'INTENTION

Un but et une intention ne sont pas la même chose.

Un objectif a un but. Courir la course, terminer le projet, donner le cours, écrire le livre, atteindre le sommet.

L'intention est la manière dont on agit pour atteindre un objectif. Nous pouvons avoir pour but d'enseigner, mais l'intention sous-jacente est peut-être de servir.

Notre objectif pourrait être de développer une entreprise, mais notre véritable intention serait peut-être la liberté.

Notre objectif pourrait être de guérir une relation, mais peut-être que notre intention est l'amour.

Les circonstances peuvent changer, l'objectif lui-même peut changer, l'intention peut demeurer.

En yoga, ce langage se rencontre sous le nom de sankalpa, parfois traduit par vœu fait de vérité. Votre intention devient un fil conducteur, un point d'ancrage face aux aléas de la journée.

Qu'est-ce qui compte assez pour que vous soyez prêt à organiser votre vie autour de ça ?

LE QI SUIT LE YI

Il existe un enseignement en qigong : le Qi suit le Yi.

L'énergie suit l'intention. Là où l'attention se porte sans cesse, l'énergie s'accumule. C'est pourquoi la fin de l'été est un moment spécial pour observer où se dirige réellement votre force vitale, et non là où vous voulez qu'elle aille. Là où elle s'en va, tout simplement.

Ton temps révèle quelque chose. Votre attention révèle quelque chose. Votre agenda révèle quelque chose. Vos habitudes révèlent quelque chose.

La fin de l'été ne porte aucun jugement sur tout cela. La Terre nous offre simplement un terrain propice à la clarté, puis nous questionne : la vie que je cultive est-elle en accord avec ce qui compte vraiment pour moi ?

UNE LUMIÈRE KATONAH : LE CORPS COMME MAISON

Le Katonah Yoga nous invite constamment à habiter notre corps non pas comme un objet, mais comme une maison.

Une maison a besoin de structure. Elle a besoin de pièces, de fenêtres, de portes, d'une circulation, d'un foyer, de fondations et, surtout, elle a besoin d'être habitée.

La fin de l'été est une saison idéale pour revenir à cette métaphore. Êtes-vous à la maison ? Pas au sens philosophique, mais au sens propre.

Ressentez-vous le sol sous vos pieds ? Pouvez-vous trouver votre centre ? Pouvez-vous habiter le bassin ? Pouvez-vous respirer dans la cage thoracique ? Pouvez-vous occuper l'espace qui vous a été donné ?

Car avant de pouvoir construire quoi que ce soit de significatif dans le monde, nous avons besoin d'un espace en nous-mêmes à partir duquel le construire.

La Terre nous offre ça quelque part.

LE CENTRE

Dans la pratique de Katonah, on s'oriente constamment vers le centre. Entre la droite et la gauche. L'avant et l'arrière. Le haut et le bas.

Le centre n'est pas nécessairement un point fixe, c'est une relation. On s'organise autour. On le perd. On le retrouve.

C'est pourquoi l'élément Terre semble si compatible avec la pratique de Katonah. Tout se passe sur Terre !

Le but n'est pas de bâtir une vie où rien ne change. La réalité est faite de changements. Les projets évoluent, les enfants grandissent, le corps vieillit, les relations se transforment, les saisons se succèdent.

La pratique de la terre nous apprend quelque chose de bien plus utile : comment trouver son centre au milieu du mouvement de la vie.

LA STABILITÉ N'EST PAS LA STAGNE

On pourrait être tenté de penser que s'enraciner signifie devenir lourd ou immobile, mais la Terre est profondément transformatrice.

Le système digestif en est une parfaite illustration. Une carotte se transforme en sang, une pomme en tissu, les aliments en énergie.

Le monde extérieur devient littéralement nous.

La Terre n'est pas statique, c'est une stabilité transformatrice. Elle est le réceptacle suffisamment robuste pour que la transformation puisse avoir lieu.

Voilà pourquoi les routines sont importantes. Une pratique matinale, un repas régulier, prendre le même chemin, faire son lit, retourner sur son tapis de yoga, allumer la chandelle, écrire trois lignes dans son journal.

Aucune de ces actions n'a besoin d'être spectaculaire, mais la répétition crée un cadre. Et à l'intérieur de ce cadre, quelque chose mûrit.

QUAND LA TERRE PERD SON CENTRE

L'expression émotive la plus souvent associée à la Rate est l'inquiétude.

L'inquiétude est fascinante parce qu'elle donne l'impression d'être productive. L'esprit tourne en rond autour du problème… encore et encore.

À force d'y penser, on finira bien par trouver la solution. Mais parfois, la réflexion cesse d'être une digestion et se transforme en rumination. L'esprit rumine sans avaler. Pensée sans action, question sans réalisation, projet sans incarnation. L'énergie de la Terre reste figée sur son orbite.

On peut reconnaître cela comme : ruminations, inquiétudes, difficultés à prendre des décisions, confusion mentale, ruminations constantes, sentiment de responsabilité envers tous, difficultés à accepter de l’aide, difficultés à dire non, profusion d’idées mais difficulté à les concrétiser.

La médecine de la Terre ne réside pas nécessairement dans une autre pensée. Souvent, la médecine est : un p'tit geste.

DE LA RUMEUR À L'ACTION BONNE

Il y a une grande sagesse à réduire la taille des objets.

Quand l'esprit dit : « Je dois changer ma vie », la Terre demande : « Qu'est-ce que tu peux faire aujourd'hui ? »

Quand l'esprit dit : « Je dois tout réparer », la Terre demande : « Qu'est-ce qui t'incombe ? » »

Quand l'esprit dit : Je ne sais pas par où commencer, la Terre dit : Commence ici.

Un coup de fil. Un courriel. Un repas. Un tiroir. Une promenade. Un entraînement. Une conversation sincère. Une respiration.

Yi ne demande pas l'escalier en entier. Il demande la marche suivante.

LA PRATIQUE DU SUFFISANT

La fin de l'été est la saison de l'abondance.

Les étals du marché sont pleins, les jardins débordent, les fruits tombent des branches, trop mûrs pour se tenir debout. Et pourtant, étrangement, l'abondance peut être difficile à accepter. On vit dans une culture de toujours plus. Plus d'informations, plus de productivité, plus d'optimisation, plus de réussite, plus d'apports. Mais le système digestif sait quelque chose que notre société oublie souvent : il arrive un moment où l'excès de nourriture devient un fardeau.

La Terre demande : Savez-vous reconnaître le nécessaire ? Assez de bouffe, assez d'informations, assez d'actions, assez de dons, assez de réflexions, assez pour aujourd'hui.

Le contentement n'est pas l'absence d'aspiration, c'est la capacité de reconnaître la nourriture tant qu'elle est présente.

LA DOUCEUR DE LA VIE

La terre est associée à la saveur sucrée, mais peut-être pouvons-nous comprendre la douceur au-delà de la nourriture.

Qu'est-ce qui rend la vie douce ? Une pêche dégustée au-dessus de l'évier. Quelqu'un qui se rappelle de quelque chose que vous lui avez dit il y a des mois. La tête de ton chien sur tes genoux. Des draps propres. Une tomate de fin d'été. Un enfant qui rit dans une autre pièce. Un ami qui apporte le dîner. Cinq minutes de calme avant que tout le monde se réveille.

La Terre nous rappelle que la bouffe est souvent d'une banalité étonnante. Le sacré se cache dans le quotidien.

Peut-être que la fin de l'été ne nous invite pas à transcender nos vies. Peut-être nous invite-t-elle tout simplement à les savourer.

LE PHÉNIX

L'animal totem associé ici est le Phénix. Ça nous donne une image inattendue de la Terre. Pas juste la terre, pas juste l'immobilité. La transformation.

Le phénix renferme de nombreuses qualités en une seule créature, comme la Terre qui peut absorber diverses substances et les intégrer pour créer quelque chose de nouveau. Et peut-être est-ce ce que la fin de l'été nous demande aussi : rassembler les expériences, les leçons, les réussites, les imprévus, la personne que vous étiez au printemps.

Rassemble tout ce que l'été t'a appris. Assimile-le. Et deviens quelqu'un de nouveau grâce à ce que tu as vécu. Pas par le rejet, mais par l'assimilation.

EXERCICE : RETOUR AU CENTRE

Tenez-vous debout en haut de votre tapis. Ressentez la structure de vos pieds.

Talon. Cône du gros orteil. Cône du petit orteil.

Au lieu de vous écrouler sur la terre, laissez-la vous rendre quelque chose.

Sentez vos jambes se soulever à partir de vos pieds.

Ressentez le bassin s'organiser au-dessus des jambes.

Ressentez la colonne vertébrale se redresser au centre.

Portez votre attention sur la circonférence de votre corps. Devant. Derrière. Gauche. Droite. Au-dessus. En dessous.

Et puis demandez-vous : Où est mon centre aujourd'hui ?

Pas là où il devrait être. Où est-ce qu'il est ?

Respirez ici. Restez assez longtemps pour arriver.

LA RESPIRATION : LE DIAPHRAGME COMME CENTRE

Les méridiens de la Rate et de l'Estomac interagissent avec la région du diaphragme, faisant de la respiration une magnifique porte d'entrée vers cette saison.

Placez vos mains autour des côtes inférieures. Inspirez et sentez les côtes s'élargir. Devant. Sur les côtés. Derrière. Expirez et laissez-les revenir au centre.

Au lieu de forcer le ventre vers l'extérieur, imaginez que c'est toute la circonférence du torse qui s'élargit.

Restez ainsi quelques minutes. Laissez votre respiration masser votre centre de l'intérieur. Imaginez qu'à chaque expiration, le nœud des pensées inutiles se défait.

UN RITUEL DE FIN D'ÉTÉ : RECEVOIR · DIGÉRER · CHOISIR

Prenez une page et divisez-la en trois sections.

RECEVOIR

Qu'est-ce que ça m'a apporté cet été ?

Que s'est-il passé?

Qu'est-ce qui m'a surpris ?

Qu'est-ce qui m'a nourri ?

Qu'est-ce qui m'a mis au défi ?

DIGÉRER

Qu'ai-je appris ?

Qu'est-ce qui me semble vrai aujourd'hui et que je ne comprenais pas il y a trois mois ?

Qu'est-ce que je transporte encore que je n'ai plus besoin de métaboliser ?

CHOISIR

Qu'est-ce qui compte maintenant ?

Qu'est-ce qui mérite mon énergie ?

Quelle intention est-ce que je veux emporter avec moi à l'automne ?

Choisissez ensuite une petite action qui rende cette intention visible.

Inscrivez-le à votre calendrier.

La Terre aime la matière.

Donner un corps à l'intention.

QUESTIONS DE RÉFLEXION

Qu'est-ce que je consomme qui me nourrit vraiment ?

Qu'est-ce que je consomme juste parce que c'est disponible ?

Quelles expériences de cet été restent à digérer ?

Où la réflexion a-t-elle remplacé l'action ?

Où est-ce que je donne plus que j'en reçois ?

Puis-je recevoir de l'aide sans avoir à la rembourser tout de suite ?

Quelles routines m'aident à me sentir bien dans ma peau ?

Qu'est-ce que ça veut dire pour mon corps : « suffisant » ?

Qu'est-ce qui compte assez pour mériter mon dévouement ?

Si mon horaire reflétait mes valeurs les plus profondes, qu'est-ce qui pourrait changer ?

Quelle petite chose je peux faire aujourd'hui ?

MOTIFS D'INTENTION

Le printemps murmura : Rêve.

Summer a dit : Sachez ce qui est vrai.

La fin de l'été nous ramène à la réalité et nous demande : maintenant, comment vas-tu la vivre ?

C'est la puissance tranquille de la Terre. Pas l'éclair. Pas la grande révélation.

Le retour attendu, le repas préparé, le tapis déroulé, la limite respectée, la promesse tenue, le travail accompli, le corps nourri. Le choix à refaire demain.

On passe une grande partie de notre vie à attendre que la transformation se produise comme un événement spectaculaire. La Terre nous rappelle que la transformation est souvent plus discrète. Elle opère à travers ce que nous nourrissons, pensons, pratiquons et choisissons sans cesse. Le rêve devient réalité par la dévotion.

Alors, la fin de l'été nous offre peut-être la pratique la plus simple de toutes : revenir à l'essentiel . Se souvenir de ce qui compte et en prendre soin. Encore et encore.

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